5.
Les offrandes du mage

 

16 juillet 1981

 

Nous sommes arrivés à Ballynigel il y a moins de vingt-quatre heures et pourtant ma vie a déjà été bouleversée. Je sais maintenant pourquoi je rêvais sans cesse de cet endroit, pourquoi je me sentais attiré par l’Irlande comme si un lien invisible me reliait à ce pays.

J’ai vu Maeve Riordan pour la première fois hier soir. Elle n’était pas venue nous accueillir à la descente du bateau, car elle était partie ramasser de la mousse pour concocter un cataplasme. Nous étions réunis dans la maison de Mackenna, la grande prêtresse, avec les anciens du coven pour commencer l’interrogatoire qui devait sceller le destin de Belwicket. Et eux ne se doutaient de rien. Soudain, Maeve est revenue, la jupe couverte de boue, un panier plein de mousse à la main.

J’ai eu l’étrange impression de l’avoir attendue ma vie entière, de n’avoir vécu que pour cet instant. Elle semblait tombée du ciel, créature lumineuse aux allures de fée…

Tout en elle m’enchante. Les étincelles qui font pétiller son regard, son rire, ses mains gracieuses et, bien sûr, la magye qui émane d’elle. Sa force est immense, je le sens, autant que celle de Selene. Cependant, alors que Selene avait travaillé toute sa vie pour décupler sa magye, alors qu’elle avait consenti d’énormes sacrifices et même subi la Grande Épreuve, Maeve, elle, l’avait reçue en héritage. Elle coulait naturellement dans ses veines, sans qu’elle s’en rende tout à fait compte.

Je lui montrerai comment développer ses pouvoirs à leur maximum. Bien que Belwicket ait renoncé aux coutumes ancestrales des Woodbane, je la convaincrai. Elle partage mes sentiments, je le vois dans son regard.

Je viens de découvrir l’amour, l’amour éternel : il balaie tous les doutes, toutes les questions. Et je sais maintenant que la petite robe blanche de mon rêve… c’était la sienne.

 

Neimhich

 

 

* * *

 

 

Quand je me suis levée le vendredi matin à neuf heures et demie, M. Warren, Hunter et Sky étaient déjà partis. Ces deux-là devaient être à leur rendez-vous secret. Hunter m’avait laissé un mot :

 

Morgan,

On se retrouvera à l’appartement à 10 h 30.

Hunter

 

Très romantique.

Bree m’a rejointe dans le salon, où Robbie repliait le canapé. Quand j’ai montré le bout de papier à mon amie, elle a fait la grimace.

— Je pensais qu’on irait prendre le petit déjeuner quelque part… On n’a qu’à l’attendre, a-t-elle déclaré.

Peu après, Raven est entrée dans la pièce, vêtue d’une de ses tenues noires ultramoulantes. Elle paraissait contrariée que Sky soit sortie. Quant à Bree et Robbie, ils s’ignoraient. Robbie a enfilé son manteau en déclarant qu’il voulait se balader de son côté. Avant qu’il parte, on s’est donné rendez-vous à deux heures dans un resto de l’Upper West Side.

À onze heures, Hunter et Sky n’étaient toujours pas revenus. Je n’en pouvais plus d’attendre – sans compter que nous mourions de faim – et je commençais à m’inquiéter. Finalement, j’ai envoyé à Hunter un message télépathique, mais, au bout de dix minutes, il n’avait toujours pas répondu.

— Alors ? a demandé Raven.

— Rien, ai-je annoncé sur un ton que je voulais calme.

— Il faudrait qu’il vive avec son temps et qu’il s’achète un portable ! s’est moquée Bree.

J’ai transmis un nouveau message à Hunter, le pressant de me rassurer. Après quelques minutes, Sky m’a répondu : Tout va bien. Hunter n’a même pas pris la peine de me le confirmer lui-même. Je me sentais une fois encore mise à l’écart, malgré le moment formidable que nous avions partagé cette nuit-là.

Comme il semblait évident qu’ils ne rentreraient pas de sitôt, Bree et moi sommes parties faire les magasins et Raven s’est recouchée, prétextant qu’elle n’était pas du matin.

Une demi-heure et deux pâtisseries plus tard, nous nous tenions sur le perron de Chez Diva, une boutique tendance et pas chère de SoHo où j’étais déjà allée une fois.

J’ai suivi Bree à l’intérieur. Du rap passait à fond, des tee-shirts de toutes les couleurs s’entassaient un peu partout, des pantalons rouges, bleus et roses étaient pendus ici et là.

Après avoir farfouillé dans les vêtements rétro, Bree a trouvé une chemise pour homme noire aux boutons de nacre gris.

— Je devrais peut-être l’offrir à Robbie, a-t-elle murmuré, songeuse.

Contrairement au reste de la bande, elle recevait beaucoup d’argent de poche.

— Bree, tu l’aimes ou tu ne l’aimes pas ? ai-je demandé malgré moi.

Elle m’a lancé un regard étonné.

— Je te l’ai déjà dit : je l’adore.

— Alors pourquoi tu le traites comme un chien ?

Bree a reposé la chemise et a commencé à empiler des fringues sur son bras.

— C’est lui qui devrait faire plus attention à moi ! T’as vu comme il flirtait avec cette fille en minishort, hier soir ?

— Arrête un peu, Bree ! C’est elle qui est venue le chercher, pendant que toi, tu te laissais draguer par ces types ! Tu sais bien qu’il n’aime que toi !

— Ça va, Morgan. Les relations entre hommes et femmes sont toujours compliquées…

— C’est peut-être toi qui compliques les choses…

— Je ne veux plus en parler, m’a-t-elle coupée. Tu me rejoins aux cabines d’essayage ?

Elle s’est éloignée avec une tonne de vêtements.

J’ai attrapé deux ou trois tee-shirts et quelques débardeurs. Comme il y avait la queue aux cabines, j’ai interpellé Bree, qui m’a proposé de la rejoindre. Je me suis guidée au son de sa voix.

Quand je suis entrée dans sa cabine, elle portait un haut brillant et un pantalon taille basse noir : une vraie gravure de mode.

— Tu crois que ça plairait à Robbie ? m’a-t-elle demandé.

Je me suis laissée glisser vers le sol en soupirant, avant de repartir à la charge :

— Écoute, Robbie t’aime, c’est clair. Et tu tiens manifestement à lui. Pourquoi tu ne peux pas simplement être heureuse avec lui ?

— Parce que, dans la vie, les choses ne se passent jamais comme ça, a-t-elle rétorqué en levant les yeux au ciel.

J’ai repensé à son histoire familiale, et je me suis dit que son appréhension devait venir de là. Ou bien elle connaissait vraiment des trucs que j’ignorais sur l’amour…

 

* * *

 

Vingt minutes plus tard, nous sommes sorties du magasin, portant chacune un sac rose fluo. Bree avait acheté le haut et le pantalon, une sacoche vert anis et un tee-shirt noir pour Robbie. Moi, j’avais craqué pour un pull à col en V bleu cobalt et un débardeur lilas, ce qui avait épuisé mon budget.

— Et maintenant ? ai-je lancé, ragaillardie par notre shopping thérapeutique.

— Il y a un magasin de chaussures absolument génial au coin de la rue, et un autre spécialisé dans les bijoux africains. Ah, je pensais aussi faire un tour dans une boutique d’aromathérapie, a-t-elle ajouté en souriant.

— Et si on commençait par là ? ai-je suggéré.

Nous avions à peine repris notre marche que mes sens de sorcière m’ont titillée.

— Bree, ça t’embêterait qu’on prenne ce chemin ? lui ai-je demandé en pointant le doigt vers une rue adjacente.

— Pourquoi pas ?

J’ai suivi mon instinct comme l’araignée remonte le long de son propre fil et, peu après, nous nous sommes retrouvées dans une ruelle au bout de laquelle se trouvait une petite échoppe. Au-dessus de la porte flottait un drapeau blanc carré orné d’une roue verte. Un pentagramme violet occupait le centre de la roue.

— La roue de l’année, a murmuré Bree. Le symbole des huit sabbats !

Plus nous approchions, plus la magye devenait palpable. En arrivant devant la vitrine, nous avons souri. Il y était écrit : « Les Offrandes du Mage, spécialiste des livres sur la magye et les sciences occultes. » Et, en plus petit : « Entrez, chers amis. »

Quand j’ai poussé la porte, une clochette a retenti. La boutique était spacieuse, mais sombre. Alors qu’à Magye Pratique on trouvait des accessoires magyques de toutes sortes, ici il n’y avait que des livres sur les rayonnages. Cependant, je voyais derrière la caisse quelques rangées de flacons d’huiles essentielles. Le plafond était haut et une mezzanine faisait le tour de la pièce, laissant apparaître d’autres rangées de livres et quelques fauteuils fatigués.

Bree est partie explorer l’endroit de son côté. Mes sens étaient toujours en alerte. Y a-t-il ici quelque chose que je suis censée trouver ? me suis-je demandé en levant les yeux vers la mezzanine. Alyce m’avait un jour recommandé un livre sur la divination qu’elle n’avait plus en stock ; je pourrais peut-être le dénicher ici.

Le panneau d’information de la boutique indiquait que les ouvrages sur la divination se trouvaient à l’étage. J’ai donc emprunté le petit escalier en fer avant de me diriger vers la bonne section. L’odeur de vieux cuir me chatouillait les narines. J’avais l’impression que des milliers de sorts ancestraux tournoyaient autour de moi en chuchotant : Trouve-moi, invoque-moi. Je suis à toi, je ne demande qu’à servir ton pouvoir. Je suis passée devant les rayonnages Oracles et émanations, Amulettes et talismans. Il était grisant d’évoluer au milieu de tous ces livres où tant de connaissances étaient consignées.

J’ai tourné dans l’allée suivante et me suis retrouvée dans la section Divination. Tout au bout, un homme était assis dans un fauteuil, près d’une plante verte. Je me suis arrêtée net, surprise de reconnaître ce sorcier aux cheveux argentés que j’avais rencontré la veille dans la petite cour de la boîte de nuit.

Il lisait un livre et semblait aussi à l’aise que s’il se trouvait dans son propre salon. Il a levé la tête, a plongé ses yeux bruns dans les miens et m’a saluée.

— Comme on se retrouve, a-t-il déclaré.

— Vous travaillez ici ? ai-je balbutié.

— Non, m’a-t-il détrompée, l’air surpris par cette idée. J’enseigne le mythe et le folklore à l’université Columbia. Je viens ici pour trouver des références, m’a-t-il expliqué avec une pointe d’accent, écossais ou peut-être irlandais. Tu n’étais jamais venue au club auparavant, je me trompe ?

— Non, c’est vrai.

Parfois, mon talent pour faire la conversation m’épate. Pourquoi étais-je si intimidée par cet homme ? Je me sentais attirée vers lui, comme si je le connaissais déjà. Cela n’avait bien sûr rien de sentimental, il l’avait l’âge d’être mon père !

Il m’a observée avec intérêt.

— Et ça t’a plu ?

— C’était surprenant, ai-je admis en repensant aux illusions de Killian, et fascinant. Je n’avais jamais vu de sorciers utiliser leur magye pour se faire plaisir.

— Personnellement, c’est ce qui me plaît le plus dans notre magye : générer beauté et plaisir dans ce monde où la vie nous impose bien des épreuves.

Il a tracé un signe dans l’air vers la plante. Sous mes yeux, ses feuilles se sont fanées, puis sont tombées sur le sol. Ensuite, un arbuste a germé dans le pot. J’avais l’impression de voir un film en accéléré : en une minute, un lilas avait poussé près de la plante morte, et ses bourgeons pâles se sont ouverts, emplissant la pièce d’un doux parfum.

C’était magnifique. Mais cela bravait toutes les lois de la nature : qu’allait-il arriver au lilas ? Il ne survivrait pas dans un pot. Et puis j’avais un peu de peine pour la plante qui était morte juste pour satisfaire les désirs d’un sorcier.

Je me suis demandé ce que Hunter aurait pensé de tout cela. Il y aurait sans doute vu une utilisation irresponsable et ostentatoire de la magye. Tout comme le Conseil.

— Embellir le monde n’est jamais un acte inconséquent, tu sais, a alors articulé l’homme, comme s’il lisait dans mes pensées.

Je ne savais pas quoi répondre, je me sentais soudain très jeune et ignorante. Mon interlocuteur a dû percevoir mon malaise, car il a changé de sujet :

— Alors, tu cherches un livre, non ?

— Oui, ai-je murmuré, bien contente d’avoir un prétexte pour me trouver là. Un livre sur la divination, d’un certain Devin Dhualach.

— Quel prénom approprié ! Et Dhualach est un vieux patronyme irlandais hérité des druides. Si l’auteur fait honneur à ses ancêtres, son livre sur la divination doit être intéressant.

— Je vais essayer de mettre la main dessus, ai-je marmonné, soudain nerveuse.

L’homme m’a souri avant de se replonger dans son livre.

L’ouvrage était en rayon. Je me suis assise par terre pour le feuilleter tranquillement. Il abordait la divination par l’eau, le feu, les miroirs, les luegs et les cristaux. Il y avait même une section macabre qui expliquait comment lire l’avenir avec des osselets – provenant de vertèbres de serpent, de préférence. Cependant, à première vue, aucun chapitre n’évoquait les techniques pour contrôler les visions et les conduire à nous montrer ce que l’on veut savoir précisément.

— Tu ne trouves pas ce que tu cherches, a deviné l’homme.

J’hésitais, je devais faire preuve de vigilance. Pourtant, je n’avais pas l’impression qu’il se montrait indiscret. À coup sûr, il avait reconnu en moi une sorcière de sang et avait perçu l’étendue de mon pouvoir. Il y avait eu des précédents : David l’avait deviné le jour où il m’avait vue pour la première fois, avant que je le sache moi-même.

L’homme m’a regardée d’un drôle d’air, comme s’il se rappelait quelque chose et hésitait à en parler. Il a fini par déclarer :

— Toi, tu lis dans le feu.

C’était une affirmation, non une question. J’ai acquiescé, et ma nervosité s’est envolée. Nous étions des pairs, deux sorciers qui reconnaissaient l’un en l’autre une source de pouvoir.

— Le feu me montre des choses, mais les images sont souvent aléatoires. Je ne sais pas comment contrôler mes visions, ai-je reconnu.

— Le feu possède une volonté propre. Il refuse de se laisser maîtriser et ne cherche que son bon plaisir. Il faut une discipline de fer pour l’apprivoiser. Je pourrais t’initier… sauf qu’une librairie n’est pas vraiment l’endroit indiqué pour jouer avec le feu, a-t-il ajouté en souriant.

— Bien sûr, ai-je soupiré, un peu déçue.

— Je peux peut-être procéder autrement. Le principe reste le même.

D’une poche intérieure de sa veste, il a extrait un morceau de cristal clair en forme de croissant de lune, puis me l’a tendu. Sa surface était taillée et couverte de runes. Il était léger, comme s’il appartenait à une autre dimension.

— Lorsque tu interroges le feu ou un autre élément, tu dois être précise – j’imagine que tu le sais. Si tu veux voir ton chaton tel qu’il sera demain, indique bien « demain ».

Je me suis demandé comment il savait que j’avais un chaton. Remarquez, la plupart des sorciers ont un chat.

— Dans ton esprit, figure-toi un animal ou une personne, et projette cette image dans la pierre en lui demandant de l’accepter, a-t-il expliqué d’une voix quasi hypnotique. Le truc, c’est de te servir de ton pouvoir pour sentir l’énergie du cristal – ou du feu – et projeter sa lumière dans le futur en quête de ce que tu cherches.

— À vous entendre, c’est très simple.

— Tout est simple, une fois qu’on sait comment s’y prendre. Tiens, tu peux t’entraîner avec ce cristal. Je dois récupérer des références pour mon cours au rez-de-chaussée. Tu n’as qu’à laisser la pierre sur l’accoudoir du fauteuil en partant.

Tandis qu’il descendait l’escalier, je me suis dit que cela ne coûtait rien d’essayer quelque chose de simple. Depuis la nuit fatale où j’avais affronté Selene, je me tracassais pour Mary K. Pourtant, elle ne semblait se souvenir de rien. Elle pensait, comme mes parents, qu’elle était allée au cinéma toute seule pour noyer sa déprime – c’était l’explication officielle. Mais, ces derniers temps, elle faisait des cauchemars terribles.

Serrant le cristal entre mes mains, je lui ai demandé de me montrer ce que j’attendais. J’ai imaginé ma sœur dans la cuisine, et j’ai pressé le cristal d’accepter cette image. J’ai failli le laisser tomber lorsque Mary K. est apparue à l’intérieur en trois dimensions. Je l’ai observée un instant, puis j’ai demandé à voir ma sœur telle qu’elle serait la semaine suivante.

L’énergie d’une pierre ressemble à celle d’une personne ou d’un animal. Celle du cristal était fraîche et lumineuse, ondulant comme la marée montante. J’ai laissé ma propre énergie se faire bercer par la houle, puis je l’ai projetée dans le futur.

L’image n’était plus la même : Mary K. sortait maintenant du cinéma en compagnie de sa copine Jaycee. Tout était tellement net que j’apercevais l’enseigne, et même les lettres manquantes : Ciném de Widow’s Val. Soudain, j’ai senti comme un souffle froid sur ma nuque. Je me suis retournée : personne.

Fatiguée par l’effort, j’ai remercié le cristal pour son aide. J’avais réussi ! J’avais vu exactement ce que j’avais demandé !

Je me suis levée pour rejoindre Bree au rez-de-chaussée, avant de m’écrouler dans le fauteuil : une vague d’épuisement venait de m’emporter. La tête lourde, les membres engourdis, j’ai sombré dans le sommeil.

 

* * *

 

Les ténèbres règnent. Le hibou plane au-dessus de la table en pierre. Serres acérées, yeux dorés. Le rire aigu du chacal résonne. Du venin perle aux crochets de la vipère. Le jaguar montre les crocs. Affamé. La belette sort ses griffes. Des bougies projettent des ombres inquiétantes sur les murs. Tous les regards sont braqués sur le louveteau. Ils attendent. La terreur du louveteau est presque tangible. Le rubis rouge fiché dans la garde de l’athamé émet une lueur de pouvoir. L’aigle crie. Entre alors le loup argenté. C’est lui que tous attendent. Il bondit sur la table et ouvre une large gueule. Le louveteau hurle de peur.

 

* * *

 

— Tout va bien ?

Quelqu’un me secouait gentiment l’épaule. En ouvrant les yeux, j’ai vu que l’homme aux cheveux argentés me regardait avec inquiétude.

— Qu’est-ce qui s’est passé ?

— Je… je crois que je me suis endormie, ai-je répondu, à la fois gênée et choquée. J’ai fait un drôle de rêve.

— De quel genre ?

— Un cauchemar.

Je ne pouvais en dire plus, même si en parler aurait sans doute apaisé ma nausée et mon malaise.

— Les rêves sont de bien étranges choses, a-t-il déclaré d’un ton pensif. Ils possèdent une logique propre et mélangent passé, présent et futur. Ils intègrent aussi des éléments de notre inconscient collectif. Des faits qui n’ont rien à voir avec nous.

— C’était sans doute le cas de mon cauchemar, ai-je admis.

Après tout, personne n’avait pu m’expliquer pourquoi cette vision m’était apparue. Cependant, le fait qu’elle se soit répétée me semblait de mauvais augure.

J’ai inspiré profondément plusieurs fois, puis je me suis levée sans défaillir. J’ai regardé ma montre : treize heures passées.

— Je ferais mieux de rejoindre mon amie, ai-je déclaré. Merci pour votre aide.

— Tu es sûre que ça ira ?

— Oui, merci.

J’allais partir lorsqu’il a posé doucement sa main sur mon épaule.

— Quel manque de savoir-vivre, j’ai oublié de te demander ton nom, a-t-il lancé.

— Morgan, ai-je répondu sans réfléchir.

— Eh bien, Morgan, puisse ta magye t’apporter joie et bonheur.

J’ai retrouvé Bree en bas : elle avait acheté un jeu de tarot.

— J’ai failli envoyer une équipe de recherche, tu sais ! m’a-t-elle taquinée. On doit retrouver les autres pour déjeuner dans quarante-cinq minutes, dépêchons-nous.

Je suis passée à la caisse payer le livre sur la divination, et nous sommes parties. En chemin, je me suis dit que j’avais peut-être eu tort de révéler mon nom à cet homme. Puis j’ai haussé les épaules, regrettant seulement de ne pas lui avoir demandé le sien.

L'appel
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